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Vous êtes-vous déjà demandé ce qui guidait vos choix de vies ? Pourquoi vous choisissiez de faire du graphisme ou d’être ingénieur, pourquoi vous choisissiez une formation de pâtissier ou des études de langue ? Vous êtes-vous demandé pourquoi vous partiez à tel endroit en vacances ? Et plus important, pensez-vous vraiment détenir les réponses à ces questions ?

Chaque société, ainsi que les citoyens qui les constituent, suit de manière plus ou moins consciente un ou des objectifs. Qu’ils ne soient pas explicités ou placardés sur les frontons des mairies ne signifie pas qu’ils n’existent pas. Foi, progrès ou enrichissement font partie de ces récits que nos sociétés ont suivis à un moment donné. Ceux-ci ont orienté nos choix collectifs et individuels en nous indiquant comment se comporter, ou agir pour être en phase et aller dans la bonne direction. Ces récits ont guidé les sociétés sur des périodes allant de quelques années à plusieurs siècles. Il en est un qui n’a cessé de gagner de terrain depuis la Seconde Guerre Mondiale : le bonheur. Lui qui n’était accessible pour le commun des mortels que sous la forme de ferveur au Moyen-Âge, comment s’est-il frayé une place centrale dans nos sociétés ?

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Ce serait une erreur de confondre l’euphorie et le bonheur car ils sont généralement différents, parfois contradictoires. Alors que le marketing véhicule une promesse de bonheur comme une succession de pics d’émotion brûlants et discontinus, le bonheur s’accompagne davantage d’une certaine constance. Parfois encore, le bonheur clandestin tente de changer l’imaginaire lié à des sagesses occidentales en le remplaçant par une invitation à consommer. Ainsi, en nous invitant à « vivre l’instant présent », ce qui implique dans la tradition bouddhiste de s’éloigner de ses perturbations mentales, le bonheur clandestin y accole l’image de jeunes gens prenant la voiture en exultant, pieds nus sur la boîte à gants. Nous pourrions pratiquement paraphraser Ernest Dichter et dire que le problème qui se pose maintenant aux publicitaires est celui de faire croire à l’occidental moyen qu’il suit une voie spirituelle en consommant un café Starbucks ou en achetant un MacBook. Pour nous encourager à acheter, le bonheur clandestin a décidé d’y aller franchement. Si vous lisez ces lignes au petit déjeuner, peut-être les lisez-vous avec du « bonheur à tartiner » chocolatée, n’oubliez pas de « bien manger, c’est le début du bonheur » avec votre beurre préféré, peut-être dans l’après-midi ouvrirez une « bouteille de bonheur » pétillante et sucrée, ou alors, allons-y, peut-être prendrez-vous « 20 centimètres de bonheur » de 17 à 19 heures.

Un extrait du livre est gratuitement disponible ici : https://www.dunod.com/sites/default/files/atoms/files/Feuilletage_468.pdf

« Par delà le développement personnel, Gaël Brulé prend de la hauteur et inaugure un nouveau genre : le « développement collectif ». Un ouvrage agréable et bousculant : tour à tour, une exploration qui nous conforte en posant des concepts scientifiques sur nos intuitions ; puis à contre-pied, démystifie nos idées reçues. Un beau voyage érudit et plaisant pour interroger nos choix individuels, collectifs, et notre vision du bonheur. » Alexandre Jost, fondateur de la Fabrique Spinoza

Le bonheur n’est pas là où vous le pensez